"Nous trois devons payer 4.000 dôngs le kWh d’électricité et un million de dôngs de loyer pour cet appartement. Nous devons économiser. Nous ne regardons pas la télé, n’allumons presque pas la lumière et n’utilisons pas de ventilateurs. Un réfrigérateur, c’est du luxe, un rêve...".
C’est ce que déclare N.T.M, ouvrière de la compagnie Gia Hôi qui loue un minuscule appartement dans la rue Hô Dac Di de l’arrondissement de Tân Phu, à Hô Chi Minh-Ville.
N.T.M n’est pas la seule ouvrière à rencontrer des difficultés pour se loger à un prix raisonnable. Début 2012, et bien qu’il y ait eu des propriétaires d’appartements s’engageant à ne pas augmenter les loyers, beaucoup d’autres l’ont fait.
Ainsi, des ouvriers vivant dans le district de Tân Tao A, arrondissement de Binh Tân, expliquent que depuis la fin du Têt, ils doivent payer 100.000 dôngs de plus pour louer un appartement. Et la même situation prévaut dans la plupart des logements de Hô Chi Minh-Ville.
Des logements modernes et gratuits
La plupart des gens, en entrant dans la cité ouvrière de la SARL Palace Vietnam, située dans la zone franche de Tân Thuân de Hô Chi Minh-Ville, sont surpris par ses services, de l’équipement de sécurité à son équipe de gardiens. Pham Ngoc Vinh, l’un de ces derniers, surveille les lieux sur des écrans : «chaque étage possède une caméra dans le couloir, cela me permet de surveiller tout le bâtiment en même temps et, en cas d’incident, on le sait immédiatement». En outre, chaque locataire possède une carte d’entrée.
Mach Thi Ngoc Ngà, une ouvrière qui vit ici, déclare qu’"auparavant, je louais un petit appartement à 800.000 dôngs par mois. Lorsque ma compagnie a construit cette cité, j’ai décidé d’emménager ici parce que les conditions de vie sont meilleures et nous avons Internet et télévision par câble gratuits". Son amie Dô Thi Ngoc Quynh précise que "nous ne devons pas payer de frais de stationnement, seulement l’eau et l’électricité".
Chaque appartement de cette cité comprend une cuisine et une salle de bains et de toilettes. Il y a aussi 16 grands appartements pour couple avec deux chambres, une cuisine et une salle de bains et de toilettes, outre des lieux destinés à accueillir les familles d’ouvriers lorsqu’ils viennent voir leurs proches.
"Nous avons un étage réservé aux proches des ouvriers. Lors de leur séjour, ils ne payent que l’eau et l’électricité", raconte Nguyên Chi Công, un salarié de la compagnie.
8.000 appartements pour ouvriers
Actuellement, Hô Chi Minh-Ville possède 15 zones industrielles (ZI) et zones franches. Dans les seules neuf ZI abritant 1.000 projets en activité, 250.000 personnes travaillent, dont 70% viennent d’autres provinces. C’est pourquoi le besoin de logement est élevé.
En 2006, la mégapole du Sud a approuvé un plan de construction de logements pour ouvriers. À ce jour, trois bâtiments de neuf étages, quatre de six étages, sept de cinq étages et un de trois étages ont vu le jour. Ils totalisent 8.110 logements à Tân Thuân, Linh Trung 1, Tân Binh, Tân Tao, Hiêp Phuoc et Vinh Lôc.
Selon les prévisions, en 2012 et 2013, d’autres projets seront lancés dans les ZI de Tân Tao (deux bâtiments de douze étages), Lê Minh Xuân (trois de cinq étages), ou encore la zone franche de Linh Trung 2 (un de neuf étages)..., pour un total de 6.000 appartements.