Si une balade en journée permet d’observer d’innombrables espèces, il
est intéressant aussi de poursuivre la découverte la nuit, accompagné
d’un guide muni d’une bonne torche.
Situé à 160 km au Nord de Hô Chi Minh- Ville, Cat Tiên couvre 72.000 ha sur les provinces de Dông Nai, Binh Phuoc et Lâm Dông. Cette immense zone de forêts est coincée entre les hauts plateaux du Centre et la plaine du Sud. Le parc protège le dernier grand ensemble de forêt tropicale de plaine du pays.
On y recense en effet 1.610 espèces végétales dont 38 inscrites dans le Livre Rouge, plus de 350 espèces d’oiseaux (nicheuses ou migratrices), 120 de reptiles et d’amphibiens, 105 de mammifères... Certes, le parc a récemment perdu l’un de ses emblèmes, le rhinocéros de Java, dont le dernier spécimen a été abattu par un braconnier en 2010. Mais Cat Tiên ce n’est pas seulement ce rhino, c’est aussi beaucoup d’autres espèces, moins rares mais plus faciles à observer.
Le nom de Cat Tiên évoque l’image de grands mammifères tels que panthère longibande, éléphant, gaur, ours, primates..., de reptiles ou encore d’oiseaux énigmatiques comme le paon vert, l’éperonnier de Germain, le faisan prélat, la marabout chevelu... Bref, un paradis pour tous les amoureux de la nature, connaisseurs ou non. N’oubliez pas vos jumelles!
Candidat au patrimoine mondial
"Ces prairies sont très riches en animaux, notamment en ruminants, et ceux-ci attirent les prédateurs. Pour préserver cela, le plus important, c’est d’y garantir une protection absolue, ici comme dans tout le reste du parc", explique Luong Duy Cuong, vétérinaire au Centre de secours des animaux sauvages de Cat Tiên, qui accompagne le groupe. Selon lui, les rangers font régulièrement le "tour du propriétaire", même en pleine nuit. Il révèle par ailleurs que son centre de secours a soigné et relâché bon nombre d’animaux capturés par des braconniers.
Un dossier de candidature pour la reconnaissance du Parc national de Cat Tiên en tant que patrimoine naturel mondial a été déposé auprès de l’UNESCO, a informé le directeur du parc, Trân Van Thanh. Selon lui, "le parc n’a rien à envier à d’autres sanctuaires naturels internationaux titulaires de ce titre".
Sa richesse est autant en terme de nombre d’espèces que de type d’habitats. Il abrite notamment une zone forestière inondable, Bâu Sâu, d’une superficie de 5.360 ha, reconnue en 2005 comme le 1.149e site Ramsar (d’après la Convention sur les zones humides – Ramsar, Iran, 1971). Là, vivent des crocodiles du Siam (Crocodylus siamensis) qui, selon des enquêtes internationales réalisées en 1992, sont quasi exterminés dans la nature, et ne survivent plus que dans quelques pays asiatiques (Thaïlande, Myanmar, Laos, Cambodge, Indonésie, Vietnam). À Bâu Sâu, 200 individus ont été recensés, fruit d’une réintroduction réussie en 2000.