C'est l'information que tous les dirigeants économiques et politiques de l'hexagone craignent depuis des mois. Selon la Banque de France en effet, la croissance française pourrait entrer officiellement en récession à la rentrée. Au troisième trimestre en effet, le PIB reculerait de 0,1 % à la rentrée selon les prévisions publiées ce mercredi matin par l'Institut d'émission.
Il s'agit d'une première estimation bien sur qui pourrait être révisée. Mais c'est aussi un signal d'alarme puisque si cette projection se confirmait dans les faits ce serait l'entrée de la France en récession, définie comme deux trimestres consécutifs de baisse du PIB. Or, la Banque de France a confirmé début juillet qu'elle prévoyait déjà à un recul de 0,1% du PIB français au deuxième trimestre.
Un scénario qui n'est pour l'instant pas celui de l'Insee qui après un début d'année atone et une croissance nulle au cours du premier semestre de l'année prévoit dans ses dernières prévisions un léger redressement du PIB. Toujours selon l'Insee il progresserait de 0,1 % au troisième trimestre puis de 0,2 % au dernier. Permettant à la croissance d'atteindre un modeste 0,4 %. Des prévisions réalisées en juin mais qui donc pourraient être plus fragiles du fait des récentes turbulences de la zone euro et du ralentissement constaté dans le reste du monde qui ne manque pas de pénaliser le commerce extérieur tricolore.
Les industriels anticipent «un léger tassement de l'activité»
Pour autant, si l'hexagone devait connaître une période de récession au cours de l'été et de la rentrée, celle-ci pourrait rester très modérée. Si le climat des affaires dans l'industrie tel qu'il est décrit par la Banque de France continue de se dégrader au fil des mois, il ne connaît pas de chute brutale en juillet. L'indicateur calculé par les experts de l'Institut d'émission perd en effet un point seulement mais se retrouve à son plus bas niveau depuis le début de l'année 2010.
Et l'avenir tel qu'il est décrit par les chefs d'entreprises industrielles interrogés n'augure pas d'un véritable affaissement de l'activité. Si les carnets de commandes «se sont contractés» dans le même temps les stocks de produits finis se situent seulement «un peu au-dessus du niveau désiré» explique la banque de France. Et lorsqu'ils sont interrogés sur l'avenir, les chefs d'entreprises estiment globalement que «les perspectives pour les prochains mois se dirigent vers un léger tassement de l'activité».
La tache du gouvernement plus difficile
Mais en tout état de cause, si ces chiffres se confirment, cela compliquera grandement la tache du gouvernement qui, au début de l'été a déjà revu à la baisse ses ambitions en matière de croissance. Le 3 juillet dernier en effet, à l'occasion de son discours de politique générale, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault avait annoncé que le gouvernement abaissait ses prévisions de croissance en revoyant à la marge seulement celle de 2012. Désormais il table sur une croissance de 0,3% pour cette année et d'environ ,2% pour 2013, contre des anticipations de 0,4% et 1,7% au printemps dernier.