Perché à 57 mètres au-dessus de la capitale, le premier étage de la tour Eiffel - dont les dernières transformations datent de trente ans - va être presque entièrement réaménagé, sur plus de 4 500 m2, au terme de travaux qui, commencés en mai, doivent s'achever début 2014.
D'ici à la fin de l'année, le pavillon Gustave Eiffel accueillera une salle de réception et de congrès de près de sept mètres de haut. Le pavillon Ferrié, regroupant les services aux visiteurs, sera quant à lui reconstruit en 2013.
Tout autour du vide central de l'édifice, la plateforme de déambulation sera conçue comme un atrium, le plancher et le grillage du garde-corps étant remplacés par des parois de verre. Un parcours muséographique et des attractions y seront proposés.

Image de synthèse figurant le 1er étage de la tour Eiffel après rénovation.
L'un des objectifs de cette mue est de "rendre l'ensemble des espaces accessibles aux personnes à mobilité réduite, ce qui n'était pas le cas jusqu'à présent", souligne Nicolas Lefebvre, directeur de la Société d'exploitation de la tour Eiffel (SETE).
C'est aussi l'occasion de "verdir" le monument. La SETE - dont le capital est détenu à hauteur de 60 % par la Ville de Paris, les 40 % restants étant répartis entre six partenaires institutionnels et privés -, qui s'est vue confier en 2005 son entretien et son exploitation dans le cadre d'une délégation de service public d'une durée de dix ans, a adopté, en 2008, une charte de "développement durable".
L'objectif affiché est "une amélioration de la performance énergétique de 30 %". A cet effet sont prévus des systèmes d'isolation et de climatisation plus économes. En outre, quatre panneaux solaires d'une surface totale de 10 m2 seront installés en toiture du bâtiment Ferrié. "Ils permettront de couvrir 50 % des besoins en eau chaude des deux pavillons", indique M. Lefebvre.
95 % D'ÉCLAIRAGES À LED
S'y ajouteront quatre éoliennes, placées sous le même bâtiment. Dotées de pales hélicoïdales ne générant, selon la SETE, "aucune nuisance sonore", celles-ci devraient produire 8 000 kilowattheures par an d'électricité. Des turbines hydrauliques, intégrées au réseau d'adduction d'eau, produiront pour leur part 4 000 kilowattheures par an. Et un réservoir de collecte des eaux pluviales alimentera les sanitaires du pavillon.
Dans le même temps, l'étage sera équipé à 95 % d'éclairages à LED (diodes électroluminescentes), tandis que des pompes à chaleur assureront le chauffage et le refroidissement des locaux.
Coût total de l'opération, confiée au cabinet d'architectes Moatti-Rivière : 25 millions d'euros, financés par la SETE. Pour son directeur, des travaux d'une telle envergure étaient nécessaires.
La tour Eiffel, qui, depuis son ouverture en 1889, a accueilli plus de 250 millions de visiteurs, en a en effet reçu davantage au cours des trente dernières années que durant son premier siècle d'existence. Vis-à-vis des 7 millions de visiteurs, dont 75 % d'étrangers, qui s'y pressent chaque année, son "verdissement" est donc une excellente publicité.