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Médecins sans frontières a ouvert un hôpital dans le nord de la Syrie
16:13 | 22/08/2012
Médecins sans frontières (MSF) a installé un hôpital fixe dans le nord de la Syrie "ouvert 24 heures sur 24", dans une zone tenue par les rebelles, a annoncé mardi 21 août l'ONG.

"Aujourd'hui, ça fait deux mois que le projet est stabilisé. On a monté un partenariat avec une association de médecins syriens" pour organiser l'installation de l'hôpital et son approvisionnement, a expliqué Filipe Ribeiro, directeur général de MSF, lors d'une conférence de presse à Paris. Brian Moller, responsable du projet, a précisé que l'hôpital, situé dans un village que MSF n'a pas souhaité préciser, "a une capacité de douze lits, qui peut être portée à trente lits". A la mi-août, plus de 300 patients y ont été accueillis et près de 150 interventions chirurgicales y ont été effectuées.

"La plupart des blessés étaient à 90 % des victimes de violences, raconte Anna Nowak, chirurgien qui a passé plusieurs semaines sur place. Ils présentaient tous les types de blessures de guerre – plaies par balles, éclats d'obus ou de mortier... – ainsi que les accidents induits, comme des écroulements de murs consécutifs à des bombardements."

Les déplacements étant "très compliqués" en Syrie, à cause des barrages militaires, des combats ou tout simplement du manque de carburant, de nombreux patients arrivent plusieurs heures, voire plusieurs jours après avoir été blessés. Certains patients sont incapables de se rendre à l'hôpital. "Ma détresse, c'est d'avoir un patient en face de moi et de me dire que si j'avais pu l'opérer il y a deux jours, j'aurais pu le sauver", confie Anna Nowak. La plupart des blessés sont des combattants rebelles. "Nos portes sont ouvertes à tout le monde. Quand on voit des gens arriver les entrailles à l'air, on ne va pas regarder si ce sont des combattants ou pas", précise Kelly Dilworth, médecin anesthésiste. "Le matin, une personne est un civil. L'après-midi, elle va prendre sa Kalashnikov", rajoute le médecin Michel Janssens.

Sur les douze derniers mois, des équipes de MSF étaient déjà entrées en Syrie, n'y restant que brièvement avant de repartir. Concernant l'hôpital, "une équipe de sept expatriés" est arrivée "il y a deux mois", travaillant avec "une quarantaine de Syriens, médecins, infirmiers, gardes, interprètes, etc.", raconte Brian Moller. MSF compte renouveler régulièrement ses volontaires envoyés sur place.

L'installation, qui n'a "jamais été visée pour l'instant" par des attaques de l'armée, selon Brian Moller, est un premier pas, mais cette structure, déplore Filipe Ribeiro, "ne satisfait absolument pas les besoins" de la population syrienne.

Pour la suite, MSF souhaiterait installer d'autres hôpitaux du même genre à travers le pays mais le régime de Bachar Al-Assad ne l'y autorise pas. Pour cet hôpital, "nous avons informé officiellement les autorités syriennes de notre présence sur place, qui n'étaient pas très contentes et ont dit qu'on était donc là illégalement", raconte M. Ribeiro, qui "attend de l'ensemble des parties du conflit qu'elles nous facilitent l'accès et nous laissent soigner nos patients".
(Selon Lemonde.fr/AFP)

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